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A l'atelier
Le bois
La grande histoire du bois
Le bois est à l'arbre ce que la chair est à l'humain. La peau est à l'humain ce que l'écorce est à l'arbre. Les feuilles sont à l'arbre ce que l'esprit est à l'humain, ils captent la lumière pour irriguer le sujet.
Mais ô fait, ça pousse comment un arbre ?
La vie d'un arbre, ce n'est pas seulement un cycle permanent qui consiste à changer de feuillage au printemps, à prendre de belles couleurs en automne, et à ressembler à du bois mort en hiver. L'arbre, c'est bien plus que cela ! Chaque racine, chaque branche, chaque élément qui compose l'arbre lui est indispensable et sa croissance ou sa forme n'est pas liée à un simple hasard des choses. L'arbre cherche la lumière, mais il lui faut aussi de la nourriture. Il y a trois éléments indispensables à l'épanouissement d'un arbre :
- Le climat (tempéré, rigoureux, méditerranéen, asiatique, etc.) ;
- L'environnement (forestier, rural, en ville, en montagne, à basse altitude, en bordure de littoral, etc.) ;
- La nature du sol (calcaire, neutre, acide, argileux, sablonneux, etc.).
Chacun de ces trois éléments se composent entre eux et donnent à l'arbre une particularité :
- de croissance ;
- de développement ;
- d'espérance de vie ;
- de rigueur.
Les saisons, les années et parfois les siècles s'inscrivent de manière visible dans le bois, et c'est en cela que l'on parle de mémoire de l'arbre. Les scientifiques utilisent d'ailleurs l'analyse des arbres pour étayer des thèses climatiques sur le passé, la météorologie n'existant réellement avec des mesures précises que depuis une cinquantaine d'années tout au plus (d'où les tagiversations sur le réchauffement climatique d'un point de vue scientifique).
L'arbre puise toujours dans le sol et par ses racines les matières nutritives qui sont composées :
- de sels minéraux ;
- de phosphore ;
- d'azote ;
- de potassium ;
- d'eau.
L'eau est un élément indispensable car il permet la circulation de tous les éléments vitaux dans l'arbre. Autant un homme sans sang serait une simple momie, autant un arbre sans eau et donc sans sève serait lui aussi momifié, quoique pas tout à fait mort nous le verrons dans le domaine de la sculpture. La sève brute donc, appelée également sève ascendante puisque c'est elle qui monte dans la partie supérieure de l'arbre pour véhiculer les éléments nutritionnels, monte jusqu'aux bourgeons et aux feuilles par l'intermédiaire des vaisseaux ou des fibres. C'est lorsque ces éléments arrivent aux feuilles que s'opère la transformation grâce à la photosynthèse, et cette transformation rend les éléments puisés dans le sol en produits assimilables par les cellules de l'arbre. C'est un processus chimique naturel qui ne peut se produire qu'à l'aide de deux facteurs indispensables donc :
- L'énergie solaire et donc la lumière du soleil ;
- la chlorophylle et donc l'apport d'eau par les racines.
Ce processus chimique produit :
- Des glucides (à partir du gaz carbonique de l'air, d'où l'arbre en forte croissance consomme beaucoup plus de Co2 qu'un sujet âgé ce qui explique la nécessité de la gestion raisonnée des forêts).
La sève ascendant est ici arrivé à son terme et va maintenant redescendre dans les branches et le tronc par le canal du liber. Le liber est un canal qui se situe à la périphérie du tronc et des branches, dans l'écorce interne. Il parcourt un réseau spécifique de rayons médullaires (même s'ils ne rejoignent pas le coeur de l'arbre). Ces rayons medullaires cependant sont dirigés vers le centre de l'arbre, et ils véhiculent cette sève descendante métamorphosée pour irriguer les tissus, et stockent les produits qui en dérivent.
A partir de là nous comprenons que chaque année, le canal du liber et les vaisseaux ainsi que les fibres de l'année précédent tendent à rejoindre le coeur de l'arbre, puisqu'un nouveau canal et de nouveaux vaisseaux ainsi que de nouvelles fibres viennent remplacer les précédents. De ce fait, l'arbre à une croissance non seulement longitudinale mais aussi latérale. En effet, au printemps, lors de la reprise de croissance du sujet, les besoins de l'arbre en sève brute sont tout à fait extraordinaires ! Ce sont quelques centaines de milliers de bourgeons qui vont éclater quasiment en quelques jours, et tous ceux-ci demandent dans un même temps un apport de sève considérable. Les fleurs de certains sujets tels les érables, butinées par les hyménoptères, elles aussi ont un besoin crucial de sève, car ces arbres gagent sur les fleurs pour assurer leur reproduction à venir. Ainsi, pour faire face à une telle consommation, l'arbre met en place de nouveaux tissus, ou plus précidemment de nouveaux vaisseaux et de nouvelles fibres d'un diamètre très grand afin de faciliter la circulation de la sève qui peut atteindre des records de "vitesse" :
- 2 à 4 mètres heure pour un feuillu, ce qui est tout à fait remarquable ;
- 1 mètres heure pour un résineux seulement.
- L'érable américain bat tous les records, d'où son intérêt pour la production du sirop d'érable.
C'est de cette manière que l'arbre trahit son âge à la coupe. En effet, le bois de printemps est plus clair étant donné qu'il est plus poreux, plus tendre aussi. D'où à la coupe on peut compter les cerneaux de croissance. L'été les besoins de l'arbre allant en diminuant, les diamètres des vaisseaux et des fibres se font de plus en plus petit et le bois devient plus dur, plus foncé, et on le nomme le bois d'été... Selon la facilité de "lecture" de cette alternance des bois clairs et foncés au niveau des cernes, on dit d'une essence d'arbre qu'il est :
- hétérogène (le contraste est marqué)
- homogène (pas de contrastes entre les cernes et donc pas d'alternance rendu visible à l'oeil nu, et aucune sensibilité à l'homogénéité du bois par l'utilisation d'un outil).