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Situation forestière de la France avant la révolution de 1789. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Situation forestière de la France avant la révolution de 1789.
Jean Rouvet et le flottage
Picardie, Artois, Flandre
Provinces du Nord Est
Provinces du Centre et d entre Seine et Loire
Provinces de l Ouest
La forêt de Rouvray
La forêt de Brotonne
Les forêts normandes
La Bretagne


PROVINCES DE L'OUEST : . - La forêt de Rouvray et Guillaume le Conquérant. - La forêt de Brotonne et le roi Clotaire. - Les forêts normandes et l'abbaye de Royaumont. - Forêt de Li-Homs. - Bretagne : la grande Brocélianda et les forêts qui provinrent de son démembrement.-Nombreuses abbayes construites dans cette forêt. - La basse Bretagne et ses forêts. - Poitou : région des Sables-d'Olonne. - Le bocage poitevin.

Provinces de l'Ouest

Forêts de la basse et de la haute Normandie


La Normandie était au temps de Charles V une des provinces les mieux partagées sous le rapport de la richesse forestière. Ce fait est autant plus digne de remarque que, sous le règne et par l'ordre de saint Louis, certaines forêts normandes avaient été largement entamées par le défrichement. Enfin, là comme ailleurs, les forêts eurent à compter avec l'action des moines et l'abus invétéré des droits d'usage.
Les forêts de Gouffern (pays de Séez), de Bourse (environs d'Alençon), d'Ouche, de Laigle ont toutes disparues plus ou moins complètement. La forêt de Bourse était mentionnée dans les «comptes de saint Louis».
Vers l'est, au temps des Gaulois, un autre grand massif formait une marche sur les confins des Baïocasses (Bayeux), des Lexoviens (Lisieux), des Éburovices (Évreux), des Cénomans et des Carnutes. La forêt de Perthes, signalée dans les documents carlovingiens, fut détachée du bord oriental de ce massif ; plus tard, défrichée largement, elle fit place au pays du Perche. Toutefois quelques-uns de ces cantons ne furent pas attaqués par la cognée avant le règne de Henri IV, qui aliéna de vastes portions des bois domaniaux.

La forêt de Belleyme, citée en 1238 dans les comptes de saint Louis, était, de même que les grands bois de la Loupe, une émanation de la forêt du Perche. Les premiers défrichements de la forêt de Belleyme remontaient à l'époque mérovingienne. Dans le voisinage d'Alençon se trouvaient les deux forêts de Malèfre et d'Écouves ; la première a disparu depuis longtemps, mais la seconde subsiste encore.
L'Avranchin, dont la forêt de la « Lande pourrie » était le massif le plus important, commença à se dégarnir à dater du XIVe siècle. Le Cotentin, qui fut toujours médiocrement boisé, n'a conservé que de maigres boqueteaux comme vestiges de ses rares forêts.
Dans la région de Bayeux, il ne reste plus trace des forêts de Maupertus, de Torteval, de Foulogne et du Quenay ; cette dernière avait été cédée par Guillaume le Conquérant aux religieux de Saint-Étienne de Caen, sous la condition qu'elle ne serait pas défrichée et que le gibier ne serait pas détruit. La forêt de Cerisy résista mieux, mais elle perdit beaucoup de son étendue vers la fin du moyen âge.
Les forêts de Bur et de Touques occupaient anciennement une partie du territoire de Pont-l'Évêque et de Caen. La première, mentionnée dans les comptes de saint Louis, était fort réduite au XVIIe siècle ; quant à la seconde, elle avait disparu totalement en 1669.
La haute Normandie possédait un réseau forestier bien plus riche, mais le défrichement y commença son oeuvre dès les premiers temps du moyen âge. Saint Louis établit lui-même dans la forêt d'Évreux de nombreux colons, tenus de conquérir avec la houe et la cognée les quelques acres de terre qui leur étaient concédés par la munificence royale. Néanmoins cette forêt, qui fut attribuée plus tard comme apanage au frère de Philippe le Bel, conserva longtemps de l'importance. On y trouvait, comme essences dominantes, le chêne et le hêtre ; l'érable et le tremble y abondaient aussi ; la végétation secondaire y comprenait principalement le merisier, le saule, le coudrier et le genévrier.
Le réseau boisé de cette région comprenait encore les forêts de Croteis et de Méré, dont il ne reste aucun vestige, les forêts de Pacy, d'Anet, d'Ivry, de Conches, de Vernon, de Breteuil, de Bort et de Beaumont-le-Roger. Cette dernière ne reçut ce nom qu'au XIVe siècle ; auparavant on l'appelait la forêt d'Ouche.

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Un défricheur


La forêt de Méré, plantée de chênes et de hêtres, était encore importante au XIVe siècle et faisait partie du domaine royal. La forêt de Croteis, dont il est souvent question au XIIe siècle, commença à être morcelée dès le Xie siècle ; cependant elle présentait encore assez d'étendue au XVe siècle pour que les seigneurs d'Ivry s'y réservassent le droit de chasse. La forêt de Vernon, où le hêtre dominait, perdit progressivement son importance entre le XIIIe et le XVIIe siècle. La forêt de Conches, très considérable, portait ce nom dès le XIIe siècle ; elle se reliait alors aux forêts d'Évreux et de Breteuil. Cette forêt de Conches fut, comme tant d'autres, saccagée d'abord, puis détruite finalement par l'abus des droits d'usage de toute sorte, obtenus ou usurpés par les habitants des paroisses riveraines et les moines des abbayes voisines. La forêt de Breteuil, citée dans les comptes de saint Louis, n'était pas moins importante que la précédente ; les moines en commencèrent le défrichement ; après eux vinrent les colons, que saint Louis y établit aux mêmes conditions que dans la forêt d'Évreux. L'abus invétéré des droits d'usage compléta l'oeuvre de destruction. Les mêmes causes ont fait disparaître la forêt de Bort, qui existait au XIIIe siècle dans la région de Verneuil.



 
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