|
Page 7 sur 9 Ce sentiment chez les Gaulois : Il est certain que nos ancêtres, Gaulois ou Francs, affectionnaient sincèrement les forêts ; ils en faisaient le théâtre des actes importants de leur vie religieuse ou politique. Les recherches archéologiques ne laissent aucun doute à cet égard. En outre, les Celtes aimaient à se faire enterrer à l'ombre de leurs magnifiques futaies ; dans les anciennes forêts, on a retrouvé dans maints endroits des tumulus gaulois et même de véritables cimetières d'origine gallo-romaine. Les dolmen, les men'hir sont d'autres vestiges bien curieux des cérémonies qui s'accomplissaient mystérieusement au fond des bois. De nos jours, ces impressions se sont bien affaiblies ; quand elles se manifestent plus fortement chez les individus doués d'une imagination plus vive, d'un esprit plus affiné que le commun de la population, on ne les explique plus guère par un mouvement de vénération ; on les appelle le sentiment de la nature. Que ces impressions spéciales soient effacées dans les masses populaires, cela n'a rien d'étonnant ; les vieilles forêts ont en grande partie disparu ; on n'a pas sous les yeux, sous la main, celles qui subsistent encore ; en un mot, la vie quotidienne ne se passe plus en contact perpétuel avec les grands bois. L'habitant des villes aime, sans doute, à se promener dans les bois plus ou moins civilisés de son voisinage, mais c'est moins pour admirer la nature que pour s'ébattre plus à l'aise et s'amuser. D'ailleurs, les taillis clairs sont loin de provoquer les mêmes imprçssions que les vieilles futaies.  Druides cueillant le gui sacré. Certains poètes, certains écrivains ont laissé voir volontiers dans leurs compositions un sentiment plus ou moins vif de la nature. Dans l'antiquité, Virgile a été par excellence le poète des bois et des arbres, qu'il célèbre si souvent dans ses Bucoliques et dans les Géorgiques. Nobis placeant ante omnia sylvœ, dit-il : « Aimons les arbres par-dessus tout. » C'est en poète et presque en naturaliste qu'il chante les arbres qu'il aime.
|