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La forêt de France du temps de la Gaule Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
La forêt de France du temps de la Gaule
Marches boisées
Climat primitif de la Gaule; atrox coelum
Au temps des conquêtes romaines
Forêts d Armorique
Pays d entre Seine et Loire
La Gaule Belgique : Forêt Charbonnière
Forêt d Ardenne
Le Jura

Au temps des conquêtes romaines


Avec l'aide des auteurs anciens, on peut reconstruire en quelque sorte la physionomie forestière de la Gaule au temps de la conquête romaine. Il n'y a, d'ailleurs, à considérer ici que la partie du pays comprise dans les limites de la France moderne.
Les Phocéens et les divers colons de la Provence déboisèrent leur littoral à une époque très reculée ; sept siècles avant notre ère, la culture agricole et les olivettes avaient remplacé les forêts dans toute cette région. Mais, en remontant de Massilia (Marseille) vers le nord, par la vallée du Rhône, on ne tardait pas à trouver des masses boisées de plus en plus importantes, surtout au delà de la Durance. Le territoire viennois, à l'est, possédait de riches forêts, et le souvenir des cérémonies druidiques est resté très longtemps vivace dans ce coin de notre pays. A l'ouest, de grands bois garnissaient entièrement la chaîne des Cévennes.
Plus loin, chez les Allobroges, les Arvernes, les Éduens, nations déjà nombreuses, riches et puissantes avant la conquête romaine, le sol avait été dépouillé d'une partie de ses forêts pour être livré à la culture ; les récoltes de céréales étaient assez abondantes pour suffire à la consommation des habitants. Toutefois le déboisement n'avait pas atteint des proportions excessives.
Au centre, chez les Bituriges, les Lémovices, les Cadurques, l'agriculture et l'industrie s'étaient développées de bonne heure. D'après le témoignage de Jules César, les bourgs et les villages étaient nombreux, la population très dense. L'extension rapide du défrichement avait été la conséquence naturelle de cette prospérité. Les Bituriges, par exemple, exploitaient des mines de fer importantes, et cette industrie nécessitait une forte consommation de bois.
Dans le sud-ouest, sur beaucoup de points, la nature du sol et l'altitude ne répondaient pas aux exigences des futaies. Les grands bois y étaient donc assez clairsemés, et la vraie forêt ne se retrouvait que dans les vallées hautes, sur les versants pyrénéens. En outre, certains cantons furent voués à un déboisement hâtif, par suite du développement, des exploitations métallurgiques, comme chez les Bituriges.
Entre le territoire des Sénons et celui des Carnutes, au centre de la Gaule, s'étendait un immense massif de bois, que César dut traverser pour marcher contre les cités de Bibracte et de Genabum. Nos grandes forêts d'Orléans, de Montargis et de Fontainebleau sont les derniers restes de ce massif, dont on peut estimer l'importance en songeant au nombre de siècles qu'il a fallu pour le réduire aux proportions de ce qui en subsiste. 



 
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