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La forêt de France du temps de la Gaule |
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Page 2 sur 9 Les marches boisées : Le pays restait donc très boisé, même dans les régions où l'agriculture et l'industrie commençaient à prendre un certain essor. D'ailleurs, dans l'intérêt de leur sécurité, les « cités » gauloises conservaient volontiers ces grands massifs, qui formaient presque partout une frontière commune et un rempart protecteur à l'usage de plusieurs peuplades voisines. Chez les Gaulois et les Germains, les territoires des diverses cités ou nations étaient ordinairement séparés les uns des autres par des zones neutres ou « marches », qu'on laissait incultes d'un commun accord. C'était une condition essentiellement favorable à la conservation ou à l'extension des forêts. Ces marches boisées étaient très nombreuses en Gaule. Quelques dénominations territoriales en ont perpétué le souvenir jusqu'à nous. Au surplus, beaucoup de nos forêts actuelles sont les derniers lambeaux de ces grands massifs, dont quelques parties seulement ont pu résister aux dévastations subies pendant une longue série de siècles. Dans le nord de la Gaule, la végétation forestière présentait plus de puissance et d'expansion que partout ailleurs ; des territoires entiers disparaissaient sous l'ombre des grands arbres, et les clairières étaient rares. Les habitants, véritables nomades des bois, vivaient surtout de chasse et se contentaient d'élever un peu de bétail, auquel la forêt même fournissait le pâturage. Lorsque dans un canton le fourrage était épuisé, le bois appauvri et le gibier plus rare, la famille ou la tribu transportait son campement un peu plus loin. C'était la vie des bois dans toute sa rudesse et sa sauvage simplicité. Ces populations gauloises du nord, entre autres les Nerviens et les Trévires, se distinguèrent par l'acharnement et la ténacité de leur résistance à la domination romaine.
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