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Causes du déboisement de la Gaule et de la France jusqu'au début du 19ème siècle |
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Page 7 sur 15 Garennes : Ce droit de garenne, audacieusement accaparé, subsista longtemps et finit par être réputé légitime, au même titre que les droits de corvée, de moulin banal, et certains autres. Alors les garennes s'étendirent sur de vastes surfaces et englobèrent des biens de toute nature ; en somme, elles nuisaient beaucoup à l'agriculture et restreignaient les droits primitifs du propriétaire. Aussi furent-elles causes d'incessantes contestations entre seigneurs et vassaux, dès qu'il fut possible pour ces derniers de recourir à la justice royale. Le droit de forêt et de garenne donnait au bénéficiaire la faculté d'interdire la chasse et la pêche sur tout son terrain, et d'empêcher tout travail susceptible de nuire à la propagation du gibier. Ces interdictions favorisaient la multiplication des bêtes fauves, au point qu'en maintes circonstances des paysans furent réduits à changer de résidence. Le seigneur profitait souvent de cette émigration pour s'emparer de la terre. L'exercice du droit de garenne semblait ainsi se transformer en une sorte de droit de dépossession au profit du seigneur. Est-il nécessaire d'ajouter que les abus d'un tel droit provoquèrent souvent de légitimes résistances ? Au moyen de telles pratiques, le domaine forestier eût dû se conserver intact, sinon s'agrandir. En réalité, d'autres causes agissaient plus efficacement pour l'amoindrir ; c'étaient les défrichements opérés par les moines et l'abus effréné des droits d'usage, sur lesquels il y aura lieu de revenir.
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