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Page 5 sur 15 L'idée de seigneurie attachée à la possession des forêts; conséquences : Au demeurant, la marche du déboisement, quoique progressive, fut assez lente à cette époque de barbarie relative. Il en fut de même dans les premiers temps du régime féodal, qui fut, dans une certaine mesure et pour des motifs d'intérêts individuels, assez conservateur des forêts. Pendant toute cette période passablement troublée, la propriété particulière ne cessa pas de s'amoindrir en regard de la domination seigneuriale. En raison de leur importance et des droits qui s'y rattachaient, les forêts furent accaparées peu à peu par les seigneurs, qui se substituèrent à la propriété communale le plus qu'il fut possible. Les plus grandes forêts appartenaient, en majorité, au domaine royal ; beaucoup d'autres avaient été remises aux abbayes, soit à titre de donation pieuse, soit en reconnaissance des travaux de défrichement opérés par les moines. Le reste de la propriété forestière fut, en grande partie, graduellement absorbé par le domaine seigneurial. Les seigneurs réglaient et distribuaient l'affouage, les droits de panage et de pacage ; ils en profitaient souvent pour restreindre le plus qu'ils pouvaient les droits des usagers. De bonne heure, l'idée de seigneurie fut liée intimement avec l'idée de possession forestière ; les prélats s'associèrent volontiers à cette manière de voir. Dans les pays allemands, les forêts ont gardé très longtemps le caractère de propriétés communes à plusieurs participants. En France, les seigneurs confisquèrent souvent à leur profit les droits d'usage ; puis ils s'avisèrent de les restituer par voie de concession volontaire. De cette façon, ils semblaient accorder aux usagers des droits dont ceux-ci avaient eu la jouissance antérieurement ; c'était un procédé pratique, bien que médiocrement honnête.
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