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Causes du déboisement de la Gaule et de la France jusqu'au début du 19ème siècle |
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Page 14 sur 15 L'ordre de Cîteaux. - Cessation du rôle utile des moines : L'ordre de Citeaux fut également une pépinière de défricheurs, s'il est permis de s'exprimer ainsi ; beaucoup d'abbayes cisterciennes furent fondées au milieu des bois, comme leur norm l'atteste : abbaye de Sauvelade (sylva lata), en Béarn ; abbaye de Sauve-Benoîte (sylva benedicia), en Velay ; abbaye de Saint-Benoît-des-Bois, dans le diocèse de Verdun ; abbaye de Haute-Selve (alla sylva), fondée en 1140, etc. Cette action spéciale des ordres monastiques s'exerça dans toutes les régions de la France ; le clergé séculier ne se fit pas faute de l'encourager. Il résulte d'une charte de l'an 1085, qu'il recevait la dîme des terrains mis en culture. Les autorités ecclésiastiques trouvaient donc avantageux qu'on défrichât des cantons, qui leur valaient ensuite de bonnes redevances ; cela ne les empêchait pas, d'ailleurs, de veiller à la conservation des forêts qui faisaient partie de leur domaine particulier. C'est ce qui ressort des termes précis et rigoureux dans lesquels sont faites les concessions de terrains à déboiser. Lorsqu'une abbaye obtenait d'un évêque l'autorisation de défricher quelque canton d'une forêt appartenant au domaine ecclésiastique, les moines étaient tenus de se renfermer scrupuleusement dans les limites du terrain concédé. Tout en encourageant volontiers les défrichements utiles à l'agriculture, l'autorité ecclésiastique se montrait donc bonne ménagère de sa propriété forestière.
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