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Page 10 sur 15 Développements de l'industrie. - Marche inégale du déboisement selon les régions : Le développement de l'industrie, et surtout de la métallurgie, contribuèrent aussi beaucoup à accélérer la marche du déboisement. L'établissement des forges en forêt, dans les pays riches en minerais de fer, fut, en effet, très préjudiciable à la conservation du domaine forestier. Enfin, dans les centres de population, la consommation du bois de chauffage augmentait dans des proportions considérables ; afin de pourvoir à ces besoins urgents, les rois ordonnèrent plusieurs fois d'exécuter des coupes extraordinaires dans les forêts domaniales ; quelques-unes ne résistèrent pas à cette pratique désastreuse. La législation, qui visait à réprimer les abus de droits d'usage, resta le plus souvent inefficace ou fut éludée, probablement à cause de sa sévérité même. Il arriva qu'on s'y soumît moins qu'ailleurs dans certaines provinces où son application rigoureuse eût été de toute nécessité. Quelques régions, où le régime forestier se montrait plus accommodant, eurent à subir moins de déprédations forestières. On s'explique sans peine la marche inégale du déboisement. Dans le nord de la France, les forêts furent respectées pendant plus longtemps ; dans le midi, le besoin de pâturage les fit sacrifier. Ici le déboisement complet de certaines montagnes a provoqué comme conséquence la formation de torrents qui ont ruiné les pâturages. En revanche, dans ce même Midi, les biens communaux ont souvent échappé à l'usurpation seigneuriale, et par suite aux afforestations exagérées. Les forêts de l'Est étaient presque exclusivement exploitées par coupes sombres, d'après le système allemand. Les grands arbres conservés dans chaque coupe fournissaient un abri protecteur au jeune taillis. Au contraire, dans le Midi, les coupes à blanc-étoc, qui ne laissent subsister aucun baliveau régénérateur, étaient préférées ; cette pratique a fini par causer l'éclaircissement, puis la disparition des réserves ; la flore qui prospérait sous bois a péri rapidement, et le sol a perdu toute sa végétation forestière. Une autre cause encore a joué son rôle dans le déboisement de la zone méridionale ; c'est dans le Midi que l'usage des constructions en bois a persisté le plus longtemps. Les provinces du Nord et du Centre, où le calcaire abonde, ont renoncé de bonne heure à ce genre de constructions.
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